Dossier historique du Jardin

 

 

Jardin Georges Delaselle

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L’île de Batz

L’Ile de Batz, est située à quelques milles au large de Roscoff, dans le nord du Finistère. C’est un grand rocher, orienté est-ouest, long de 3,5 km pour 1,2 km dans sa partie la plus large. Plus de 550 personnes vivent sur cette commune insulaire qui compte une école et un collège et divers commerces et services (poste, médecin, infirmier, etc…). Trois compagnies de bateaux assurent la traversée vers l’île depuis le port de Roscoff.

Ce petit morceau de terre, a conservé une qualité de paysage exceptionnelle. La partie Nord, très agricole, fait penser à un immense potager alors qu’au Sud, les criques de sable blanc ont un petit goût de méditerranée. Les pointes Est et Ouest contrastent avec leurs étendues de landes ou de dunes.

L’Ile de Batz accueille chaque année de nombreux visiteurs qui viennent avant tout découvrir ses paysages tout au long du sentier du littoral ou des nombreux chemins qui sillonnent l’île. Le Phare, construit en 1836, haut de 44 mètres, offre un magnifique panorama sur la partie ouest et les nombreux îlots du chenal. Dans la partie est de l’île, on peut découvrir les ruines de la chapelle Ste Anne, ancienne église paroissiale construite au XIIe siècle et classée Monument Historique. Le Jardin Georges Delaselle termine la pointe Sud-Est de l’île et offre aux visiteurs un total dépaysement.

 

 

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Histoire du Jardin Georges Delaselle

Il en est des jardins, comme des légendes. Certaines se construisent dans l’inconscient des hommes, d’autres élaborées par des êtres exceptionnels racontent leur épopée au quotidien. Le jardin Georges Delaselle s’inscrit dans cette logique. Elle donne un sens à son histoire. Georges Albert Delaselle naît le 18 mars 1861 à Paris, d’une famille de négociants. A 25 ans, il entre aux Assurances Générales où il occupera plus tard un poste important. Son ami Etienne Masson, découvre lors d’un voyage qu’il fait en 1896, l’Ile de Batz. Séduit par le climat et la flore méditerranéenne de l’île, il décide d’y revenir l’été suivant pour se rendre acquéreur s’un « pied à terre », mais surtout pour y attirer son inséparable compagnon, Georges Delaselle. Pour Georges Delaselle le coup de foudre fut instantané et la rencontre avec l’Ile de Batz déterminante. Le 22 décembre 1897 il acquiert quelques parcelles sur la pointe de Penn Batz. Haut lieu chargé d’histoire, là où commencent et aboutissent toutes les légendes : ville disparue, ensablée, château où séjourna le comte Withur, dans un lieu appelé secret et où débarque en 525 St Paul Aurélien. C’est ici, en ce lieu hautement symbolique et singulier à la foi, que Georges Delaselle décide de créer son jardin colonial, d’acclimater, végétaux et plantes exotiques et d’exercer quarante années durant, avec passion et enthousiasme, l’art du jardinier. De 1898 à 1918, il dirige les travaux et les plantations, procède au modelage d’un cordon de dunes artificielles plantées de végétaux de protection et à l’excavation d’une cuvette profonde de cinq mètres dont les bords sont travaillés en terrasses. C’est à cette époque que Georges Delaselle met à jour une nécropole datant de l’Age de Bronze, dont il reste encore dix tombes visibles aujourd’hui. Mai 1918, Georges Delaselle apprend qu’il est atteint de tuberculose. Son choix est fait, il décide de quitter Paris, démissionne de son métier d’assureur et s’installe définitivement dans son Jardin de l’Ile de Batz. La légende peut commencer. L’espace magique qu’à créé Georges Delaselle est en accord avec son désir de solitude. De nombreux articles de presse soulignent en effet la singularité de son œuvre et consacrent sa réussite, comme celui de Clément Moal de la Dépêche de Brest en décembre 1930

Par une allée tortueuse, vous gagnez le haut de la pointe, d’où les yeux plongent dans une vaste cuvette où s’étage tout un monde de plantes, la plupart inconnues de nos pays. Nous descendons. Ici c’est un calme impressionnant, pas un souffle n’y vient troubler la tranquillité des feuilles et des fleurs, même le bruit du vent qui s’acharne au dehors sur les braves pins protecteurs n’y arrive pas. Mais je me sens, pour ma part, quelque peu dérouté devant toutes ces figures étrangères sur lesquelles il m’est impossible de placer un nom. Je n’y trouve de connaissance que les mimosas et les palmiers.

 
Travaux 1900
 
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Travaux de création du Jardin en 1903
 
Projet de création de la palmeraie – Georges Delaselle 1906 Travaux de terssassements 1906

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En 1937, fatigué, usé, Georges Delaselle se résigne à vendre « son jardin », l’œuvre de sa vie. C’est sans doute la période la plus douloureuse de sa vie. Il l’exprime de manière touchante dans une lettre à un ami :

Hélas ! oui, le sacrifice est consommé. C’est dur, mais c’était nécessaire. Ma seule consolation est que mon œuvre reste en bonnes mains et que mon acquéreur me promet de la continuer. J’ai traité avec un homme des plus sympathiques, loyal, d’une grande délicatesse. Malgré tout la séparation est cruelle. Me voilà donc sur le point de commencer ma soixante dix-huitième année, appelé à orienter ce qui me reste à vivre sur l’inconnu d’une existence tout autre.

Lettre à E.F. (Décembre 1937).

Monsieur Nast, le nouveau propriétaire du Jardin se contentera de gérer le jardin et d’y apporter quelques modifications. Georges Delaselle mène alors une vie retirée à Ker Nevez, petite maison en bordure de mer qu’il achète au cours de l’été 1939. Le 29 janvier 1944, il s’éteint dans sa maison. Le voile du silence se ferme discrètement sur l’étonnante aventure qui vient de se conclure.

 

En 1957, le jardin changera à nouveau de propriétaire, le Domaine réaménagé accueille des colonies de vacances de la région parisienne. Le jardin sera alors fermé au public, son entretien cessera et progressivement les ronces recouvriront ce qui fut soixante années durant un véritable Eden.
Il faudra attendre 1987 et la passion d’une équipe de bénévoles pour que le jardin de l’Ile de Batz, en sommeil depuis trente ans, retrouve la compagnie des hommes et s’étonne de sa propre audace, celle d’avoir pu survivre à tant d’insouciance, d’oubli, d’abandon. Car il faut bien le reconnaître, il ne restait plus rien. Tant et si bien qu’au voyageur qui demandait le chemin du « jardin colonial » on répondait avec regret : il n’y a plus rien à voir.

Le travail de restauration du jardin, s’est étalé sur plusieurs années. Les bénévoles se retrouvaient lors de week-ends ou de séjours prolongés pour reconstruire les murets en pierres sèches, réhabiliter les chemins et mettre à jour progressivement les structures d’origine du jardin. Replantation, élagages et essais d’acclimatation de végétaux que nous recevions ont peu à peu modifié l’aspects du jardin.
Mais ce n’est qu’à partir de 1991, après l’attribution du prix
Chef d’œuvre en péril, que les gros travaux et investissements ont pu réellement se concrétiser.
L’association les Amis du Jardin Georges Delaselle gestionnaire du jardin, se trouva alors, à même de remplir son objectif : ouvrir le jardin aux visiteurs de l’île, assurer l’entretien, la conservation de l’acclimatation de ce patrimoine exceptionnel.
En 1997, cent ans après le début de cette belle aventure, le Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres devient propriétaire du jardin et de l’ensemble des dunes qui l’entourent pour protéger définitivement ce témoignage remarquable de l’histoire de la pratique botanique et de l’acclimatation des végétaux exotiques vers 1900.
La restauration du jardin historique reste fidèle à l’esprit de son concepteur. Si des éléments nouveaux le complètent, ils s’inscrivent dans l’intuition romantique qui fut celle de Georges Delaselle et qui imprègne intensément le site.

Extrait : Le Jardin Georges Delaselle – Actes Sud Juillet 2001 Association Les amis du Jardin Georges Delaselle

   
 

Georges Delaselle - Calvaire

 

 

 

 

 
La collection botanique

 

L’époque de la conception, son thème et son vocabulaire apparentent le Jardin Georges Delaselle à d’autres jardins dont les plus connus se trouvent sur la Côte d’Azur. A la différence de ces derniers, dont la gamme végétale correspondait à une fréquentation hivernale, le jardin Georges Delaselle aujourd’hui mais très probablement dès son origine, présente une composition végétale où les scènes et floraisons estivales sont privilégiées, ce caractère fleuri et libre correspond explicitement au style « paysager » du jardin et le traitement des espaces particuliers que sont la palmeraie, la cacteraie, la pelouse des cordylines montre bien qu’ils ont été conçus afin d’évoquer des ambiances et des paysages exotiques plutôt que dans un souci de collection botanique.

Ce dernier aspect, l’intérêt botanique propre au jardin, ne saurait cependant être négligé en ce qu’il appartient en propre à l’idée même de jardin exotique.

Les archives de Georges Delaselle n’étant pas parvenues jusqu’à nous, il est malheureusement impossible de dresser la liste exhaustive des espèces qu’il avait réussi à acclimater dans son jardin, et bien peu de plantes ont réussi à survivre aux trente années d’abandon.

Certaines sources permettent toutefois d’établir une liste partielle de sa collection. La correspondance de Georges Delaselle, mais surtout les articles publiés à son époque fournissent quelques précieux renseignements. C’est le cas de celui publié dans la Revue Horticole par E. Mauriceau en 1927, qui cite près de 25 espèces. L’iconographie est également une source précieuse pour l’identification de certaines espèces. Les recherches menées jusqu’à présent dans différents fonds d’archives, notamment celui du Jardin Colonial de Nogent, n’ont pour le moment rien donné.

Lors de l’arrivée de Georges Delaselle sur l’Ile de Batz, certaines plantes subtropicales avaient déjà été acclimatées avec succès. C’est le cas du Pourrétia du Mexique - Fascicularia pitcairniaefolia, une broméliacée rapportée du Chili par des marins au long cours au milieu du XIXème siècle. Les griffes de sorcière – Carpobrotus edulis, étaient utilisées pour le faîtage des maisons depuis fort longtemps. Il semble également que les dracenas – Cordyline australis agrémentaient déjà le paysage insulaire, tout comme les agaves – Agave americana, peut-être rapportées de voyages en méditerranées par des marins de l’île. Quelques sujets de palmier à chanvre – Trachycarpus fortunei existaient probablement dans les jardins d’anciens capitaines, puisqu’il était connu à Brest et en Cornouaille anglaise depuis une cinquantaine d’année.

Georges Delaselle s’approvisionnait pour les espèces les plus communes, les végétaux de protection contre le vent, auprès de pépiniéristes de la région de Saint Pol de Léon. Une grande partie de sa collection provenait certainement des serres du Jardin Colonial de Nogent, et de ses visites dans les jardins méditerranéens. Les relations amicales qu’il entretenait avec Mélanie de Vilmorin, alors locataire du Château du Taureau en Baie de Morlaix, lui ont peut-être permis d’enrichir sa collection de plusieurs espèces. Enfin, la correspondance qu’il échangeait avec des amateurs, des passionnés, les graines et les boutures qu’il recevait, ont peu à peu constitué sa collection botanique.

Les travaux d’acclimatation réalisés par Georges Delaselle ont sans aucun doute favorisé l’utilisation des plantes exotiques dans un grand nombre de jardins insulaires et contribué au caractère si particulier du paysage actuel. Il n’hésitait pas à échanger ou donner des boutures de ses précieuses pensionnaires à quelques privilégiés, héritiers des jardins des anciens capitaines au long cours. Lors de la période d’abandon, à partir des années 1960, plusieurs personnes sont venues prélever sur le site certains spécimens pour décorer leurs jardins. Ceci a permis la conservation de plusieurs espèces sur l’île et de pouvoir enrichir rapidement la collection botanique dès le début des travaux de restauration.


Trente ans d’abandon, de manque d’entretien, de dégradations, les hivers froids de 1956 et de 1963, les tempêtes, semblent avoir eu raison d’une grande partie de la collection botanique, puisque le premier inventaire réalisé en 1989, au commencement des travaux de restauration, ne s’élève qu’à 49 espèces. La liste supposée de la collection botanique de Georges Delaselle établie à partir des différentes sources, bibliographiques et iconographiques donne 102 espèces, ce qui doit être bien en dessous de la réalité et du résultat de quarante années de travaux d’acclimatation réalisés par un amateur devenu passionné puis véritable professionnel de la botanique.

Aujourd’hui, la collection botanique du Jardin Georges Delaselle compte plus de 2000 espèces originaires de tous les continents. Plus des deux tiers proviennent de l’hémisphère sud, des régions au climat proche du bassin méditerranéen (Californie, Chili, Afrique Australe, Australie et Nouvelle-Zélande). Chaque année, le jardin s’enrichit de nouvelles espèces. L’originalité de notre collection botanique réside avant tout dans la situation géographique du jardin, sur une île baignée par les eaux douces de la Manche, mais battues par les tempêtes de l’Atlantique.

 

Origines & Acclimatation

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Un jardin à découvrir

Le Jardin Georges Delaselle est ouvert au public depuis 1990. Il est un atout majeur pour l’Ile de Batz et chaque année accueille des milliers de visiteurs.

Le jardin Georges Delaselle est ouvert :
Avril, mai, juin, septembre et octobre, de 14h à 18h , du mercredi au lundi. Fermé le mardi.

Juillet et août, de 13h à 18h30, tous les jours; Visite guidée le dimanche à 15h, durée 1h. Visite privilège en juillet et août, le mardi à 10h, durée 2h. (tarif 8 €)

Tarifs 2010 : Voir page "Visites"

 

 
Pour les groupes : sur réservation, dans les jours et heures d’ouverture du jardin, il est possible de bénéficier d’une visite guidée qui dure environ 50 minutes. (Sauf le dimanche de 15h à 16h, visite guidée pour les individuels). Durant cette visite, le jardinier fait découvrir l’histoire de ce jardin créé en 1897 par un passionné de plantes exotiques, mais aussi la richesse de la collection botanique qui compte plus de 2 000 espèces, dont un très bel ensemble de palmiers. Cette visite est assurée sans supplément de prix. Il est important de respecter le créneau horaire réservé. En cas de retard, le jardinier ne pourra assurer la visite. La visite libre, se fait au moyen d’un dépliant de visite, remis à chaque personne à l’accueil. Elle permet de découvrir, au gré de la ballade, les espaces variés qui forment un ensemble très harmonieux. La Nécropole avec sa vaste pelouse et ses cordylines, sert d’écrin aux sépultures de l’âge de bronze, découvertes par G. Delaselle. La Palmeraie, creusée dans le sable, abrite une riche collection de palmier et de plantes sub-tropicales, elle transporte le visiteur vers des destinations lointaines. Plus loin, les echiums pointent vers le ciel, le bleu de leurs inflorescences gigantesques. Arrivé au Calvaire vous découvrez le monde des plantes grasses rassemblées dans la Cacteraie. Le Jardin Maori dévoile l’extraordinaire palette de couleur des phormiums. C’est le prélude à l’atmosphère méditerranéenne mise en valeur par la Terrasse Ouest surplombant la mer. A travers la rocaille des plantes à bulbes on rejoint Terres Australes, au centre du jardin, plantées d’une vaste collection de plantes originaires d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Le Jardin d’herbe rappelle la végétation des dunes, tout en soulignant la longue perspective qui traverse le jardin et qui aboutit à la Lande Fleurie, couverte de coussins d’armérie. C’est ici la fenêtre du jardin ouverte sur le continent, et surtout sur le sud et les lointains exotiques.

Petits ou gros, les animaux ne sont pas admis dans le jardin.

 

 

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CONSERVATOIRE DE L’ESPACE LITTORAL ET DES RIVAGES LACUSTRES

 
Vue sur Roscoff

vue sur Roscoff

 

 

 

Lauréat du concours des chefs d’œuvres en péril 1990

2ème prix du concours de l’innovation touristique en Finistère 1997 Prix Europa Nostra 1998 remis par S.A.R. le Prince Consort de Danemark, président d’Europa Nostra

Prix Henri Texier décerné par l’Académie des Sciences morales et politiques de l’Institut de France en 1999

Label Jardin Remarquable décerné par le Ministère de la Culture et de la Communication en 2005

Propriétaire : Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres

Délégation Bretagne

Port du Légué

8, quai Gabriel Péri

B.P. 474 22194 Plérin cedex

Gestionnaire : Les Amis du Jardin Georges Delaselle

Association déclarée loi 1901

Adresse du siège : 36, rue de la Noise

92140 Clamart

Contact jardin: Olivier Maillet

directeur : Olivier Maillet

Jardin Georges Delaselle

Penn Batz

29253 Ile de Batz

Tél : 02 98 61 75 65

Mail : jardin.delaselle@orange.fr

Site : www.jardin-georgesdelaselle.fr

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jardin remarquable

Association Les Amis du Jardin Georges Delaselle

Penn Batz – 29253 Ile de Batz

 
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LE CALVAIRE lien palmeraie