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Les palmiers sont certainement les représentants les plus majestueux et les plus fascinants de la végétation tropicale. Ce n’est pas sans raison que le botaniste Carl von Linné donna à cette exceptionnelle famille de plantes le nom de Principes, prince des végétaux.

Histoire du palmier

Le palmier a une histoire plus ancienne que celle de l’homme puisqu’il est présent sur la Terre depuis le début du Tertiaire, il y a environ 85 millions. Mais depuis que l’homme a fait son apparition dans la nature, le palmier est devenu son ami, son compagnon et son protecteur. Dans toutes les civilisations de climat tropical ou tempéré où vivent les palmiers, ceux-ci ont joué un rôle important, parfois primordial, dans la vie des hommes. Fournissant le clos et le couvert, la chaleur et la nourriture, le matériel de chasse et les armes de guerre, parfois la médecine naturelle, et aussi pour sa beauté, le palmier est devenu « l’arbre de vie ».

Introduction des palmiers en Europe

Au milieu du XVIIIème siècle, sous l’impulsion de personnages importants comme de roi Georges III d’Angleterre, commencèrent les premières expéditions de découvertes qui amenèrent en Europe des espèces de palmiers d’Asie et d’Australie jusque-là inconnues. Au début du XIXème siècle les palmiers sont encore considérés comme des plantes de collection, à cultiver en serres chaudes ou en jardin d’hiver. Seuls les têtes couronnées et les gens fortunés de l’époque peuvent bénéficier de cette végétation exotique.

Les nouvelles techniques de la fonte et de la fabrication du verre, puis l’invention du chauffage favorisent le rapide développement de serres qui permettent d’abriter des végétaux de plus en plus grands, et de nouvelles espèces. Il faut attendre les années 1830-1850 pour voir les palmiers installés en plein air sur la côte méditerranéenne. A côté des jardins d’acclimatation à vocation botanique, de nombreux amateurs et amis des plantes rassemblent de riches collections palmicoles dans leurs splendides villas de la Côte d’Azur et de la Riviera italienne. Dans cette soif d’exotisme, ils vont influer de manière irréversible sur le visage du paysage du littoral méditerranéen et imposer le palmier comme emblème de notre Côte d’Azur.

Les palmiers en Bretagne

En Bretagne, l’introduction des palmiers n’a pas connu la même envergure, restant limitée aux abords des ports d’accostage, Brest, Lorient, Nantes, Morlaix et Saint-Malo. Les commandants de navires avaient pour consigne de ramener toute sorte de plantes et de graines de leurs voyages.

L’espèce la plus représentée est le palmier à chanvre – Trachycarpus fortunei. Ce palmier extrêmement rustique est devenu une composante de certains paysages. Les premiers sujets semblent avoir été introduits à Brest en 1859. Le chamærops –Chamærops humilis est lui peu représenté. On en connaît quelques dizaines de spécimens dont certains semblent très âgés. Le dattier des Canaries - Phœnix canariensis, est représenté par quelques sujets en zone côtière où ils arrivent à fleurir, plus rarement à fructifier. Le Jubaea – Jubaea chilensis, n’est présent qu’au travers de 4 spécimens adultes. Le plus grand est celui de Morlaix, planté en 1840 et qui dépasse 15 mètres de hauteur. Les autres espèces de palmiers n’ont fait que très récemment l’objet de travaux d’acclimatation.

Les palmiers sur l’Ile de Batz

Avant l’arrivée de Georges Delaselle, l’existence de palmiers sur l’Ile de Batz n’est pas confirmée, puisque aucun voyageur ne fait mention de leur présence. Toutefois, il est possible qu’à l’abri des hauts murs des jardins des maisons des capitaines au long cours, quelques sujets de palmiers à chanvre arrivaient à prospérer.

Georges Delaselle avait planté dans son jardin, cinq espèces de palmiers : Trachycarpus fortunei, Chamaerops humilis, Phoenix canariensis ,Washingtonia filifera et Jubaea chilensis. Seules deux sont parvenues jusqu'à nous, Trachycarpus et Chamaerops. Deux grands Phoenix sont morts, à la suite du gel de l’hiver 1986 qui avait pénétré le stipe par les plaies formées à la base par excès d’humidité. Le Washingtonia et le Jubaea n’ont laissé aucune trace de leur présence et par manque d’archives, nous ne saurons jamais ce qui leur est arrivé.

La collection des palmiers

L’intérêt de la constitution d’une collection de palmiers au Jardin Georges Delaselle s’est rapidement imposé. Tout d’abord le microclimat de l’île permet un certain nombre d’introductions totalement inenvisageables en France sous une si haute latitude. Enfin, le fait que Georges Delaselle avait lui même donné le nom de « Palmeraie » a une partie de son jardin, ne pouvait qu’encourager à poursuivre en ce sens. La collection de palmiers du Jardin Georges Delaselle s’est constituée progressivement grâce à de nombreuses acquissions ainsi qu’à quelques dons. Beaucoup d’espèces de cette famille ont fait l’objet d’une tentative d’acclimatation pas toujours avec succès. Certains sujets n’ont pas survécu aux températures hivernales ; d’autres n’ont pas réussi à compenser le manque de chaleur ; quelques autres ont disparu à cause de l’excès de sel dans le sol ou des brûlures qu’il provoque parfois sur les palmes ; enfin quelques uns ont connu de graves problèmes phytosanitaires, surtout au niveau des racines.

Tous ces facteurs entrent en ligne de compte pour chaque acclimatation. Comprendre les causes d’un échec permet parfois de réussir avec succès une nouvelle tentative. En fait, le manque de chaleur semble être le facteur le plus limitant. Certains palmiers supportent les températures hivernales de l’île, mais ne trouvent pas le reste de l’année, la quantité de chaleur ou l’ensoleillement suffisants pour leur bonne activité physiologique nécessaire à leur développement.A l’inverse d’autres palmiers sont un peu trop frileux pour supporter nos hivers, sans dommages. Ils sont alors maintenus en pot pour pouvoir être rentrés sous abri à partir de fin novembre et ressortis fin mars. Partant du principe que la rusticité d’une plante s’améliore en général avec l’âge, leur mise en place définitive dans les massifs du jardin n’est pas à exclure d’ici quelques années.

Les travaux d’acclimatation des palmiers se poursuivent, avec tous les ans de nouvelles introductions. A ce jour elle compte plus de soixante espèces différentes.

 

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